Structure de Deal & Fiscalité

ETA — Entrepreneuriat par Acquisition (Search Fund)

L'Entrepreneuriat par Acquisition (ETA) est le modèle dans lequel un individu — typiquement un diplômé d'école de commerce ou un cadre expérimenté — lève des capitaux pour rechercher, acquérir et opérer une seule PME. Le 'search fund' finance la phase de recherche ; un fonds d'acquisition séparé finance l'achat. Les acheteurs ETA représentent une source croissante de demande pour les PME en transmission en France et en Suisse.

Le modèle ETA comporte trois phases : (1) Recherche : le chercheur lève 300 à 500 k€ auprès de 10 à 15 investisseurs (HNWI, family offices, réseaux alumni) pour financer 18 à 24 mois de sourcing, de salaire et de frais de fonctionnement. En échange, les investisseurs obtiennent le droit de co-investir dans l'acquisition finale à un rendement préférentiel. (2) Acquisition : le chercheur identifie une cible (typiquement 5 à 20 M€ de VE, 500 k€ à 2 M€ d'EBITDA, flux de trésorerie stables, fondateur partant à la retraite), lève le financement d'acquisition auprès des mêmes investisseurs plus de la dette, et conclut le deal — typiquement comme nouveau DG. (3) Exploitation : le chercheur opère l'entreprise pendant 4 à 7 ans, crée de la valeur, et génère un rendement pour les investisseurs via une sortie de type PE.

Les acheteurs ETA sont attractifs pour les fondateurs qui prennent leur retraite pour plusieurs raisons : (1) l'acquéreur exploitera l'entreprise personnellement — pas un fonds PE qui pourrait la revendre rapidement ; (2) les chercheurs ETA sont souvent plus disposés à accepter des prêts vendeurs et des contreparties différées que les fonds PE, car ils ont moins d'options de deal alternatives ; (3) les acheteurs ETA souhaitent typiquement l'implication continue du cédant dans la transition (6 à 18 mois) — ce que de nombreux fondateurs partant à la retraite trouvent attrayant. L'inconvénient : les acheteurs ETA paient moins que les acquéreurs stratégiques (pas de synergies) et parfois moins que le PE (chèque en fonds propres plus petit, plus de dépendance au financement vendeur).

Le marché ETA en France et en Suisse a connu une croissance significative depuis 2018, avec HEC Paris, l'INSEAD et l'IMD produisant un nombre croissant de chercheurs actifs. VBP suit spécifiquement l'activité des acheteurs ETA dans le segment 5 à 20 M€ de VE et intègre les acheteurs ETA dans les analyses de l'univers acheteurs pour les cibles appropriées.

Structure typique d'un deal ETA

Cible : 12 M€ VE, EBITDA 1,5 M€, fondateur partant à la retraite. Financement : 5,5 M€ de fonds propres des investisseurs du search fund (46 %), 5 M€ de dette bancaire avec garantie Bpifrance (42 %), 1,5 M€ de prêt vendeur (12 %). Fonds propres personnels du chercheur : typiquement 200 à 400 k€ (issus des économies de salaire et droits de co-investissement convertis). Le chercheur devient DG dès le jour 1 post-closing. Le cédant accompagne la transition sur 12 mois.

Questions fréquentes

En quoi un chercheur ETA diffère-t-il d'un acheteur PE ?

Un fonds PE est un investisseur institutionnel gérant un portefeuille ; un chercheur ETA est un individu achetant et opérant une seule entreprise. Les fonds PE ont des objectifs de rendement définis (TRI 20 %+), des horizons de fonds (typiquement 10 ans) et des contraintes de construction de portefeuille (tailles minimales de deals). Les chercheurs ETA sont plus flexibles sur la taille, plus disposés à accepter des prêts vendeurs et l'implication du fondateur, et ont un horizon opérationnel personnel plus long. Pour les fondateurs qui prennent leur retraite et se soucient de la continuité de l'entreprise, l'ETA peut être préférable au PE.

Quelles entreprises sont les plus appropriées pour une acquisition ETA ?

Les entreprises qui conviennent à l'ETA : flux de trésorerie stables (essentiels pour le service de la dette), revenus récurrents, position de niche défendable sur le marché, équipe en place (pour que le chercheur n'ait pas à reconstruire les opérations depuis zéro), fondateur prêt à partir mais ne voulant pas vendre à un concurrent. Industries fréquemment ciblées par les chercheurs ETA français : services B2B, services de santé, distribution industrielle, fabrication de spécialité. À éviter : les entreprises trop dépendantes du fondateur pour être transférées, les situations de retournement, et les entreprises nécessitant une expertise sectorielle approfondie que le chercheur n'a pas.

Un acheteur ETA est-il une contrepartie crédible pour une transaction de PME française ?

Oui, si correctement financé. La due diligence clé pour les cédants est de vérifier le financement de l'acheteur : engagements en fonds propres confirmés d'investisseurs nommés (pas seulement de 'l'intérêt'), pré-approbation bancaire, et preuve d'un financement d'acquisition suffisant. Les transactions ETA qui échouent post-LOI échouent typiquement parce que le financement tombe — pas à cause de problèmes spécifiques à l'ETA. VBP valide la capacité de financement des acheteurs avant de recommander des acheteurs ETA aux fondateurs-cédants.

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